Google AMP : mise en oeuvre, risques, ce qu’il faut savoir

(MAJ) Que penser de accelerated mobile pages, un anti facebook instant article à la sauce google

Publié le 08/10/2015 à 14:55 par - Mis à jour le 14/10/2016 à 17:46

Google vient d’annoncer le lancement d’AMP, ou Accelerated Mobile Pages. Ce produit, qui est assez clairement une réponse à Facebook Instant Articles, va permettre d’afficher les pages (des sites media dans un 1er temps) à la vitesse de l’éclair sur mobile. On attend un temps de chargement des pages divisé entre 6 et 10 fois. Un affichage instantané… vraiment instantané. Concrètement, Google propose en fait un système de cache open source et gratuit.

On peut se demander pourquoi les media n’ont pas pris le problème du temps de chargement des pages à bras le corps beaucoup plus tôt. En effet, c’est sur les sites media que l’on trouve les pages les plus lourdes, qui dépassent souvent plusieurs mégas. C’est en partie dû aux grandes photos, aux contenus vidéo mais aussi beaucoup aux formats publicitaires. En dehors de Slate aux USA, qui a annoncé vouloir réduire de 75% son temps de chargement, le problème majeur que constitue le temps de latence à afficher les pages (en particulier sur mobile), ne semble pas avoir été central dans la stratégie des groupes media ces dernières années. Pourtant, le nombre de partenaires media pour le lancement d’AMP est impressionnant : La BBC, BuzzFeed, El Pais, Condé Nast, Le Guardian, Time, Le News York Times, Les Echos,…

Accelerated Mobile Pages sera disponible bientôt sur Google Search sur Mobile. Il est du reste testable dès à présent via cette adresse http://g.co/ampdemo (consultation via un mobile uniquement). Plus encore, il sera disponible sur plusieurs réseaux sociaux majeurs : LinkedIn, Twitter, Pinterest. Twitter annonce du reste qu’AMP est déjà effectif sur le réseau de microblogging pour les sites ayant mis en oeuvre la technologie, c’est à dire Vox, The Verge, La Stampa, BuzzFeed, Le Washington Post et quelques autres selon Danny Sullivan qui a assisté à la keynote AMP.

Pour le moment, seuls les media sont concernés par AMP, mais il est prévu que Google l’étende bientôt à beaucoup d’autres sites.

Comment ça marche AMP ?

Il s’agira de publier automatiquement, à partir du CMS, deux versions de la page. L’une pour le site, l’autre pour AMP. A priori, la barrière technique ne semble pas très importante, ce qui devrait assurer une adoption rapide. La version AMP est une version ultra allégée de la page originale, limitée à du HTML, du CSS et du balisage sémantique, ce qui, adossé à un cache puissant, permet une affichage extrêmement rapide. Google parle du reste de « HTML AMP« , on est bien dans la génération en fait d’une page statique HTML forcément moins lourde qu’une page dynamique.

La page AMP s’affichera en lieu et place de la page adaptée pour mobile du site de contenu lors d’un clic depuis un mobile via une recherche Google ou via un lieu partagé sur plusieurs réseaux sociaux dont Pinterest et Twitter. Il est vraisemblable que Facebook, qui veux pousser Instant Article ne rejoindra pas le projet AMP.

Quels bénéfices pour les sites de contenu ?

Richard Gingras, le patron de Google News l’a affirmé lors de la conférence de presse de Google Accelerated Mobile Pages, les pages AMP ne rankeront pas mieux que des pages classiques. Cependant, étant donné que dans l’algorithme, les pages s’affichant vite bénéficient d’un boost de ranking, il il aura évidemment un effet bénéfique sur les classements.

Google joue également à fond le partenariat avec les media : ils pourront installer un outil d’analytics pour disposer de toute la data habituelle nécessaire à leur marketing et pourront également monétiser cet inventaire avec leur régie en conservant 100% du CA généré. On est clairement dans les mêmes conditions que Facebook Instant Article de ce point de vue.

Encore mieux, Google annonce que les fonctions de paywall (articles payant au compteur ou par abonnement) seront à terme supportées par Google AMP. Il existe des restrictions toutefois, seuls certains outils Analytics et certains Ad servers seront compatibles avec AMP selon Marketingland.com :

Ad Servers labellisés AMP : Twitter, A9, AdReactor, AdSense, AdTech, DoubleClick

Outils Analytics compatibles AMP : Google Analytics, Adobe Analytics, Chartbeat, Parse.ly et AT Internet en France.

Mais des risques en terme de SEO aussi…

Le système d’AMP, c’est créer deux pages pour en servir une qui soit allégée sur mobile. Deux pages, cela veut dire de la duplication de contenu, et ce n’est pas vraiment une situation idéale sur le plan du SEO. Google affirme qu’AMP est « duplicate content proof ». Et à priori c’est effectivement le cas.

Un autre risque potentiel, mais qui sera à confirmer avec l’expérimentation, c’est la perte éventuelle de signaux sociaux dont on sait qu’ils deviennent importants dans une stratégie de linking. En effet, si les liens en provenance des réseaux pointent vers la version AMP et non vers la version normale, les signaux risquent d’être dilués. Ce sera à confirmer en testant le service plus avant.

Idem pour le trustdu domaine : va t’il pâtir de la perte d’une partie des baclinks qui se feront vers des pages dans le cache Google ? Possible, à suivre de près.

Nous sommes face un nouvel épisode du blockbuster « Les moteurs et les réseaux sociaux deviennent distributeurs de contenu ». La désintermédiation des media progresse à une vitesse effrénée et on peut se demander si les médias auront encore des supports propriétaires dans 10 ans ou si 100% de la consommation de contenus se fera via moteurs et réseaux sociaux. Une question reste selon moi en suspend : pourquoi ne pas se donner les moyens de disposer de produits plus ergonomiques, plus épurés et plus rapides plutôt que de donner toutes les clés de la distribution aux géants du net. L’avenir proche nous le dira.

Pour en savoir plus

Guide complet pour Google AMP, support de conférence au Black & White SEO

Le projet Google AMP https://www.ampproject.org/

AMP Accelerated Mobile Page mise en place sur votre site chez @jessyseonoob

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2 Commentaire (s)

Jessyseonoob

Très bon article, je regardais justement hier ce que ça pouvait apporter, effectivement un chargement plus rapide, mais c’est un peu comme proposer une version statique du site à priori et bien sur adapté au mobile, mais virez tout formatage

http://www.w3.org/Style/Examples/011/firstcss.fr.html#HTML
et on obtient ça

Je rapproche ce nouveau format plus comme un nouveau format de flux rss, mais comment va t-il être consommé

Ton raisonnement sur la fin est intéressant, déjà de savoir quelle version google il va piocher et on en revient au modèle économique de la rémunération via la pub, vu que le contenu est accessible directement, pas de surcharge de partage réseaux sociaux, pas de capture mail, contenu brut.

Quel va être le prix d’entré pour les petits éditeurs de site vu que la monétisation se fera du coté des réseaux sociaux si j’ai bien suivi le raisonnement

Stonetatara

Hello,

je rebondis sur l’aspect DC dû à la gestion de 2 URLS.
Si je devais gérer cette problématique, je le ferais de la manière suivante :
sur toutes les pages qui contiennent « /amp » à la fin de l’url , j’ajouterais une canonical vers l’url canonique sans « /amp ».
Sur l’url canonique , j’ajouterais un « rel alternate » vers l’url optimisée « /amp ».

J’espère que j’ai été clair dans mes propos, je n’en suis qu’à mon 2ème café 🙂