Google News, les Newsbox et la lutte contre la désinformation

Les fausses informations qui ont inondé Google lors de l’élection de Donald Trump mettent au jour les failles du moteur de recherche

Publié le 22/11/2016 à 13:05 par - Mis à jour le 02/12/2016 à 12:52

 

Petite évolution grand effet. Il y a tout juste deux ans, Google annonçait ouvrir la « one box » « Dans l’actualité » à d’autres sites que ceux inclus dans Google News. La raison : élargir le scope de contenus et faire émerger de très bons articles issus de petits sites et de blogs qui ne sont pas inscrits dans Google Actualités. Il faut en effet préciser qu’être dans Google News fait l’objet d’une demande via formulaire, validée manuellement par les équipes de Google. Et le moteur est de plus en plus sélectif ces dernières années, il est très difficile aujourd’hui d’y être accepté.

Tout cela semble donc pour le mieux : diversité et qualité de l’information. Sauf que. Sauf que les « black hat SEO » ont toujours un coup d’avance et que les lobbyistes et pensées extrêmes sont depuis bien longtemps très compétents à la guérilla marketing sur le digital ou ils ont trouvé une caisse de résonance inédite et un moyen imparable de toucher un public, sans filtre ni intermédiaire.

Et lorsque l’on connait bien le SEO, on est tout à fait capable de faire remonter un article tout en haut de la page de résultat de Google, même s’il s’agit d’une information non vérifiée, ou complètement fausse. C’est ce qui est arrivé lors de l’élection de Donald Trump, et ce n’est pas la première fois, loin s’en faut.

Un blog WordPress non Google News diffusant une fausse information remonte tout en haut de la Newsbox « Dans l’actualité » (Source : Search Engine Land)

 

Comment lutter contre cela ? Google a annoncé qu’il allait frapper ces sites au portefeuille en leur coupant leurs revenus Adwords. J’ai personnellement de très gros doutes sur l’efficacité de cette méthode, car lorsque l’on veut manipuler l’opinion et qu’on y met fortement les moyens, on a les poches suffisamment pleines pour ne pas avoir un besoin vital de revenus adwords.

Le 21 novembre, Google a annoncé qu’il allait remplacer le bloc « Dans l’actualité » par un carrousel imagé similaire à celui utilisé pour Google AMP et qu’il allait le renommer « Top Stories« . Effectivement ce libellé implique plus une notion de popularité que l’autorité, ce qui est bien le cas dans ce mode de classement. Mais cela ne résout absolument pas le problème. Au vu de l’ampleur du biais actuel de l’algorithme, on peut penser qu’il s’agit là d’une solution temporaire, en attendant de développer autre chose.

Mais pourquoi Google ne revient-il pas tout simplement en arrière en disposant d’une NewsBox uniquement composée de sites vérifiés (et plutôt plus fiables, même si certains sites listés dans Google News sont aussi des blogs potentiellement manipulables ou manipulés) et en ajoutant un carrousel composé de contenus « trendy » mais non Google News ? Cela aurait au moins le mérite d’une beaucoup plus grande clarté via une séparation nette des deux types de contenus.

Cela fait longtemps que je suis convaincue que Google aimerait bien tout simplement « débrancher » Google News, un vieil algorithme dont le code date pour une grande partie de sa création (2003…) et dont les bugs et biais sont nombreux, connus de Google depuis longtemps mais jamais corrigés. La raison ? Google ne monétise pas ce service, c’est donc un coût net pour eux. Par ailleurs, la news reste un produit d’appel qui ne représente que 3% des requêtes et ne leur rapporte presque rien.

C’est un peu comme le Coca Cola en supermarché, le magasin ne fait quasi aucun bénéfice sur la vente mais il en a besoin en tête de gondole. Au vu des relations un peu tendues #euphémisme avec les médias ces dernières années et du trafic considérable que Google News leur apporte chaque mois, c’était difficilement jouable… avant AMP.

Quelle meilleure raison de débrancher Google News que le contexte actuel de manipulation de l’info pour le remplacer par un tout AMP, plus moderne, mobile friendly, rapide et monétisable ? A suivre…

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