La collaboration Edito / SEO au jour le jour

Publié le 13/07/2010 à 13:37 par - Mis à jour le 20/09/2016 à 15:11

 

Un bon référencement, côté contenu, cela ne veux pas dire former les rédacteurs une fois (ou une fois de temps en temps). Cela veut dire travailler en collaboration étroite et régulière tout le temps. Pour cela il faut parler le même langage, se comprendre, savoir s’adapter au niveau technique de chacun et mettre en place des process de travail

 

Se comprendre

Pour bien travailler ensemble, il faut d’abord se comprendre. Or, pour un journaliste, il n’est pas forcément évident de prime abord que la performance SEO dépende en partie de lui. Le métier est encore trop souvent considéré comme technique et on a trop longtemps usé de rustines pour éviter d’impliquer les producteurs de contenu dans le process d’optimisation. Ce raccourci se paie cher aujourd’hui en évangélisation.

La formation des journalistes est également aujourd’hui encore assez peu axée web. Très peu ont eu la chance d’avoir un module écriture web, quasi aucun n’ont eu accès ne serait-ce qu’à un seul cours de référencement éditorial…

Le journaliste a donc un peu l’impression, en voyant arriver le référenceur, que celui-ci veut lui donner des leçons sur la manière d’exercer son métier et il se demande du coup logiquement de quoi il se mêle…

Car on vient casser l’un des codes journalistiques les plus fondamentaux en terme de copywriting : ne pas faire de répétitions. Pour un journaliste venant du Print, devoir ne serait-ce que deux fois répéter le même mot, c’est tout bonnement insupportable !

Référenceurs, si vous arrivez avec vos gros sabots sans vous intéresser au métier de vos interlocuteurs, à ses codes, à son mode de fonctionnement, vous allez droit dans le mur… et on vous détestera cordialement (d’autant plus que sans aide des édito, la performance ne sera pas non plus au rendez-vous…).

Un travail en bonne intelligence signifie souvent le respect du métier de l’autre. Trop souvent, sans sans rendre compte, les référenceurs donnent l’impression de ne pas avoir ce respect en n’étant pas assez à l’écoute.

 

Parler le même langage

Comme pour toutes les professions, il existe des codes de langage. Pour se comprendre, il faut aussi parler la même langue. Une formation SEO/Edito sera d’autant plus efficace que le formateur emploiera les termes du journalisme. Cela rend le propos plus concret, et surtout moins technique.

Il n’est pas possible de faire du référencement pour un site éditorial sans maîtriser et utiliser couramment les termes ci-dessous.

En voici quelques uns qui sont couramment utilisés (définition reprise et complétée du glossaire de la presse) :

Accroche : une ou deux phrases en tête d’article, destinée(s) à retenir, “accrocher” l’attention du lecteur. En général le texte non clicable qui remonte sur la home, les homes de rubrique et les pages de liste

Chapô : Texte d’introduction qui “coiffe” un article, généralement présenté en plus gros, et en caractères gras. À mi-chemin du résumé et de l’accroche, il concentre en quelques lignes l’essentiel de l’information. Le chapô fait partie de la titraille. Il est en général en gras et sert le plus souvent à remplir la balise meta description.

Titraille : ensemble des éléments d’un titre (surtitre, titre principal, sous-titre), dont la diversité typographique est destinée à attirer le regard

Angle : façon de traiter un sujet, qui déterminera le plan de l’article

Marronnier : sujet qui revient de façon cyclique au fil des saisons, comme les feuilles des arbres : fêtes de fin d’année, fête des mères, régimes, courses automobiles, etc.

Coquille : faute de frappe

Corps : taille de la police de caractère

Feuillet : unité de mesure de la longueur d’un article : 25 lignes de 60 caractères, blancs (espaces) compris, soit 1500 caractères (ou signes)

Signe : lettre, signe de ponctuation, blanc entre les mots sont des signes. Le signe est l’unité de base du feuillet.

Papier = article

Légende : texte accompagnant une photo (le contenu de la balise alt)

Bâtonner : réécrire des dépêches d’agence pour faire du volume de publication, sans création ni investigation.

Faire du Desk : écrire des articles sans quitter son ordinateur, en réutilisant des informations trouvées ailleurs, sur la toile par exemple.

Print : la presse traditionnelle qui écrit pour le papier, par opposition au journalisme web

 

S’adapter à chacun

Le référencement c’est aussi une matière technique. Ce qui va sembler assez facile à comprendre pour un journaliste geek habitué aux nouvelles technologies le sera beaucoup moins pour un « transfuge du Print ». Il faut savoir se mettre à la portée de chacun en illustrant son propos d’exemples ou d’analogies.

La meilleure manière de travailler avec un rédacteur est de se mettre à sa place en identifiant les problèmes spécifiques aux sujets sur lesquels il travaille : on n’échangera pas de la même manière avec un journaliste Hi Tech, mode/beauté, bourse, sport, politique ou people…

Cela veut aussi dire que le référenceur doit acquérir des compétences minimales dans chaque thématique traitée sur les sites dont il a la charge.

 

Travailler sur le calendrier éditorial

Le travail du journaliste est organisé par une feuille de route qu’on nomme « calendrier éditorial ». C’est en réalité un outil de planification qui répartit le travail et les thématiques pour les jours ou les semaines à venir en fonction des rubriques.

C’est un document très important pour le référenceur car cela va lui permettre d’anticiper les positions à acquérir et les mots clés à travailler. C’est particulièrement important pour travailler les expressions correspondant à des marronniers sur lesquels la concurrence est rude et sur lesquels il faut commencer à travailler bien en amont. Très souvent, les journalistes n’ont pas conscience que cela peut avoir un intérêt pour le référenceur, qui lui-même ignore très souvent l’existence même de celui-ci…

A partir du calendrier éditorial, le référenceur va pouvoir envoyer très régulièrement de l’information aux journalistes concernés sur les sujets à traiter (la démarche a priori est évidemment beaucoup plus performante en terme de temps que la démarche a posteriori…).

Ces informations sont de plusieurs natures : statistiques de fréquence de recherche, période de l’année à partir de laquelle les recherches augmentent, les expressions porteuses de la thématique, les positions des concurrents, des recommandations de traitement, etc.

 

Mettre en place des process de travail

Travailler avec un calendrier éditorial a l’immense avantage d’être très structurant en terme d’organisation.

En dehors des sessions de formation régulières (rafraichir les mémoires, répondre aux questions, former les nouveaux arrivants), une réunion mensuelle de travail sous forme de Workshop et un point à date envoyé par mail par le référenceur chaque semaine sont de bons outils pour travailler efficacement.

Il est évidemment impossible sur un site éditorial de lire toute la production. En revanche, il reste utile d’effectuer un « picking » régulier dans les articles parus et d’envoyer à chaque journaliste un retour (constructif !) sur ce qui pourrait être amélioré. A force d’exemples concrets et de répétition, on arrive à générer ainsi des automatismes. Mais il faut prendre garde à ne pas stigmatiser tel ou tel. Cela sera d’autant plus simple qu’on aura l’habitude de travailler ensemble et en confiance…

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6 Commentaire (s)

witamine

Tiens c’est marrant en regardant l’illustration, ça m’a rappelé le podcast du même nom : SEO101 – http://podcast.neo1seo.com très bon !

Merci pour ce récapitulatif !

Olivier

Merci, très instructif pour le « pauvre » journaliste print que je suis, et qui vient d’accepter un transfert sur le web. Mes réflexes de rédaction presse (Le Particulier, Groupe Le Figaro) en prennent effectivement un coup! Pyramide inversée, mots et expressions clés, title, balises méta et autres backlinks… La difficulté est que je suis à la fois en charge de produire des contenus éditoriaux et de les optimiser pour le référencement, le tout sur des thématiques très concurrentielles (impôts, bail, retraite). Si vous avez des conseils sur les priorités à suivre pour éviter de me noyer dans la masse des paramètres à prendre en compte, je suis preneur car ca m’aidera « un peu » à organiser mon process de production. Je m’y perds tant les données à intégrer sont nombreuses…

D’avance, merci pour votre aide

OP

    Virginie Clève

    @Olivier Pour commencer, concentrez-vous sur la titraille et les intertitres, c’est au final le plus important. Pour le reste, travaillez avec votre référenceur au plus près du contenu :-). Bon courage.

Sylvain

Merci Virginie,

J’ai appris des choses. Notamment du vocabulaire.
Sur le fond, quel que soient les métiers, la notion de travail en équipe et une véritable empathie envers l’autre et son quotidien sont généralement très efficaces.

Le prochain billet (si j’en crois le titre) me semble aussi un levier extraordinaire. D’ailleurs, à ce sujet, le SEO dont tu parles se doit d’avoir certaines qualité de manager.

Mohamed Semeunacte

Ce dossier est vraiment passionnant. En fait je ne sais pas si ta formation est celle d’une journaliste « print » à la base mais pour moi c’est le cas.

Je dois bien avouer que tu m’as touché en particulier avec ta phrase « pour un transfuge du print, les répétitions sont abominables » (je ne te cite pas lol) c’est exactement ce que je ressens.

Quand au calendrier éditorial, le fait de savoir qu’une telle chose existe peut vraiment faciliter la vie à tout le monde, web comme print.

Merci encore pour ce fantastique dossier 🙂

    Virginie Clève

    @Mohamed : j’ai une formation littéraire mais je ne suis absolument pas journaliste. En revanche, j’en fréquente beaucoup au quotidien depuis plus de 3 ans que je bosse dans la presse :-).
    Bon courage pour votre passage au web.