TerraFemina.com : L’opti SEO « c’est une mini revolution pour la rédac »

Publié le 29/09/2010 à 19:30 par - Mis à jour le 14/04/2016 à 09:07

Pour poursuivre notre série d’interviews sur les rapports entre journalistes et référenceurs, Café Référencement accueille aujourd’hui Alexandre Jeanpetit qui assure le référencement du pure player Terra Femina. Le segment féminin est particulièrement difficile à référencer, avec des poids lourds en trafic et en SEO face à soi, comme Doctissimo ou Au Féminin. La longue traîne et l’optimisation du contenu est donc incontournable sur les sites de cette thématique…

 

Mini CV

Nom : Jeanpetit
Prénom : Alexandre
Titre : Responsable Acquisition et Nouveaux Projets
Site : Terrafemina.com
Blog : www.alexandrejeanpetit.net
Twitter : alexjeanpetit

 

Peux-tu nous présenter brièvement ton cursus, ton parcours et ce que tu fais actuellement ?

Parcours classique IUT, licence de marketing européen puis Ecole de Commerce Inseec à Bordeaux. J’ai effectué mon Master I de Marketing stratégique en alternance pendant lequel j’ai monté mon premier site Internet pour une PME de la région.
Je suis ensuite parti 4 mois à San Francisco travailler dans une startup qui venait de lancer une Application iPhone de webradio. J’ai fini mon cursus d’Ecole de Commerce en stage chez Looneo.fr? J’y étais assistant chef de projet webmarketing.
Depuis 3 mois, je suis le Responsable acquisition et nouveaux projets chez Terrafemina.com, un web magazine féminin. Mon rôle est de gérer et d’optimiser au quotidien les campagnes d’acquisition, le référencement naturel et de mettre en place les nouveaux projets du site (visibilité de la communauté, jeux, réseaux sociaux, optimisation onsite…) mais aussi d’apporter mes compétences en marketing et stratégie Internet.

 

Au cours de ton cursus, as-tu été formé au référencement et à l’écriture web ?

Non pas du tout. En Ecole de Commerce les cours sont très axés marketing et stratégie. Nous avons eu quelques cours en webmarketing mais très mal présentés par une personne qui, visiblement ne connaissait pas très bien son sujet. Quand à l’écriture web, je la découvre au fur et à mesure dans mon quotidien chez Terrafemina.
Les 2 mondes sont très intéressants dans le sens où il y a des nouveautés très souvent et il faut se remettre en question quotidiennement. C’est un sacré challenge et on doit se battre tous les jours sur tous les fronts pour assurer la visibilité de notre site.

 

Quelle est ta première rencontre professionnelle avec les journalistes ?

Ma première rencontre s’est faite chez Terrafemina à mon arrivée. Nous avons une équipe de 4 journalistes à plein temps, 2 ou 3 stagiaires et des pigistes. De plus, nous faisons appel à de nombreux experts qui interviennent en tant que coachs sur le site.

 

As-tu été formé au référencement par l’entreprise qui t’emploie (ou par ton ancienne entreprise ?)

Oui et Non. J’ai commencé à découvrir le référencement au moment de la création de mon premier site. Puis, je l’ai redécouvert lors de mon stage de fin d’étude grâce à mon maitre de stage qui était un passionné. C’est alors que j’ai pris le virus, découvert des blogs très intéressants comme café référencement 😉 mais aussi Oseox que j’adore, Secret de Moteurs, Superbibi, Pink Seo… et surtout SEOMOZ, les maîtres en la matière….

 

Combien y a-t-il de journalistes dans l’entreprise dans laquelle tu travailles ? Es-tu en contact régulier avec eux ?

Dès mon arrivée, j’ai essayé de me rapprocher des journalistes pour comprendre au mieux leur métier : comment ils travaillent, choisissent leurs articles et font leurs recherches. Ensuite, je participe à chaque réunion sur le planning édito. J’y donne des conseils d’angles à prendre, je rappele les fondamentaux SEO et je leur donne les mots clés chaud du moment.
J’organise également chaque mois un atelier SEO de 2h pour remettre à plat certains points, donner les derniers conseils, parler des dernières mises à jour, créer des débats pour mieux comprendre leurs attentes et leurs appréhensions.
De plus, je les encourage à m’écrire à chaque moindre doute ou questions ou à passer me voir.

 

Comment se passe votre collaboration ?

Les débuts sont assez prometteurs, j’axe ma communication avec eux sur l’échange, le débat pour leur faire comprendre les enjeux et mes attentes.

 

Prendre en compte le référencement, quel impact cela a-t-il sur leur manière d’écrire ?

Jusqu’à mon arrivée (création du poste) personne n’avait vraiment pris conscience de l’impact du SEO dans le travail éditorial. Tous produisaient des articles sans prendre en compte des éléments de base comme les mots clés les plus recherchés, angler l’article, les tendances du moment…
Aujourd’hui, je pense que c’est mini révolution pour la rédac et la mise en place est longue et va durer encore de nombreux mois… Il faut les accompagner au quotidien pour que le mot « SEO » ne devienne plus anonyme…

 

As-tu pu mesurer les effets positifs du travail mené en commun avec les journalistes avec lesquels tu as pu travailler ?

Oui, aujourd’hui je vois déjà quelques effets. En réunion planning édito, je commence à entendre, « J’ai vérifié ce mot clé dans Google Trends, il est plus recherché que celui là… ». On me demande plus facilement mon avis.
Cependant, dans leur manière de travailler, d’écrire et de choisir un angle, les effets positifs sont encore durs à déceler. Cependant, je pense que leur montrer des exemples concrets à partir de leurs articles fait avancer beaucoup plus vite les choses. Je prends régulièrement des exemples d’articles qui font du trafic et d’autres qui n’en font pas du tout.
Je leur donne les résultats analytics en termes de visites et de mots clés d’entrée sur l’article. Je leur montre alors les choses bien à reproduire et les choses à éviter. Ainsi, tous les journalistes prennent conscience que c’est leur travail qui est au centre et que j’ai besoin d’eux !

 

Est-ce facile de travailler avec les journalistes ?

Oui car ils sont très à l’écoute et demandeurs d’informations. Et non car c’est très long de leur expliquer comment fonctionne Internet et les internautes.

 

Qu’est ce qui t’énerve le plus chez les journalistes ?

Je dirais qu’ils sont trop focalisés sur la qualité éditoriale de leurs articles. Pour eux, la manière dont je leur demande de tendre pour écrire n’est pas du travail de journalistes qualifiés… Alors que justement si !

 

Une anecdote à raconter ayant trait au référencement ?

Pas encore mais ça ne saurait tarder…

 

Un truc à ajouter ?

Merci pour ton super dossier sur les formations Edito / Web, très très utile 😉

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8 Commentaire (s)

Kilroy

« ils sont trop focalisés sur la qualité éditoriale de leurs articles »

Voilà résumé en un morceau de phrase un des principaux problèmes de la rédaction web : la tendance à écrire sur le web comme sur des médias papier.
C’est vrai qu’utiliser des mots clefs, écrire de façon purement descriptive, éviter les métaphores dans les titres, scinder ses articles si c’est possible… ça n’a rien d’évident ! Mais c’est juste indispensable, pour les moteurs comme pour les internautes. On ne lit pas à l’écran comme sur du papier.

Fred

La route va être longue pour des « tonnes de journalistes » et des responsables de trafic et autres « content/trafic manager » de tous poils.

Ecrire, même dans le cadre journalistique, reste un art que l’on partage au travers d’une sorte de caste des journalistes… A destination du commun des mortels.

Un journaliste est « un bout » d’écrivain. Aussi venir lui dire qu’il doit tordre sa prose pour faire entrer tel ou tel terme en fonction de l’attente de la masse est un challenge dont n’évoque que trop peu l’intensité dans nos blogs SEO !
C’est comme interdire à Picasso en pleine période bleue de n’utiliser que du rouge…

[provoc on]
Alors est-ce du travail de journaliste d’écrire avec les mots de l’on attend d’eux ?
[provoc off]

Merci Virginie pour tes itw !

Mohamed Semeunacte

Un excellent article et vraiment une très bonne interview. J’ai moi-même cette sale tendance a me dire : « oui mais c’est vraiment affreux toutes ces répétitions. »

Cependant cette article vraiment me fait comprendre que j’ai de plus en plus envie d’écrire pour un webmagazine (en partie parce que cela me permettra de me rapprocher des referenceurs et de tenter de comprendre mieux leur travail et leur techniques)

Merci Virginie pour les questions et Merci Alexandre pour pour le partage

Mohamed Semeunacte

Marie

Heureuse de rencontrer un de mes lecteurs 😉

Je souhaitais rebondir sur le chapitre concernant la formation en Ecole de commerce. Il est dommage que le webmarketing et ce qui va avec ne soit pas enseigné de manière plus approfondie. Il faut après se former sur le terrain. Cela dit on « apprend à apprendre » dans ce type d’école et c’est essentiel! Tout comme je me demande pourquoi au collège on n’apprend pas aux enfants à taper sur un clavier alors qu’ils auront, pour une large part d’entre eux, à utiliser un clavier plus tard..

En tous cas j’ai l’impression au travers des réponses d’Alexandre, que la pédagogie, l’échange et l’écoute sont au centre de son activité. Ce n’est pas évident de tenter de faire comprendre aux journalistes de penser SEO sans froisser personne. Il semble faire usage de beaucoup de patience et de compréhension tout en sachant imposer ses idées. Bravo 🙂

Alexandre

Merci à tous pour vos commentaires 🙂 Pour répondre à tout le monde :

@Kilroy : C’était exactement ma pensée à travers cette phrase. Je travaille aujourd’hui avec des journalistes et non des rédacteurs web et c’est là toute la différence. J’ai beaucoup de mal à faire passer le message car je pense que c’est une question d’habitude, d’apprentissage qui ne sont malheureusement pas adapté aux Web. C’est pour cela que j’utilise des exemples d’autres sites et je compare presse print et web pour le Figaro ou Le Monde pour que les journalistes aient bien conscience de la différences.

@fred : Merci pour ce commentaire et je pense que tu as bien compris le défi qui m’attends au quotidien pour faire passer mon message. Cependant, j’essaie de bien leur faire comprendre que ce sont eux les journalistes qui font mon contenu et donc mon site. Nous ne vendons rien, donc ils ont une responsabilité dans la vie du site.

@Mohamed : Merci beaucoup, il est vrai que c’est très intéressant et très excitant comme défi… savoir garder une ligne édito très stricte en pensant à la Terre entière qui peut accéder aux sites en tapant un mot clé quelconque sur Google 🙂

@Marie : Pour commencer, Merci 😉 Et une fois encore, j’ai essayé de faire passer un message au cas où un responsable d’ESC passerait par là… Cette année, mon école vient d’ouvrir un master spécialisé en webmarketing, c’est une avancée… Mais les cours sont enseignés sur des théories et très peu de place pour la pratique. C’est dommage. J’ai assisté à une dizaine d’heures de cours de emarketing malgré mon cursus en marketing stratégique et quelle fut mon étonnement de voir une spécialiste du marketing du luxe nous enseigner cette matière. Sa présence fut justifiée par le fait que cette enseignante était diplômé des telecoms… Hum Hum… Alors, oui j’étais passioné, ce fut plus simple pour apprendre et je suis d’accord sur le « apprend à apprendre » 🙂 Je suis aussi sidéré de voir les collégiens et même lycéens découvrir par eux même Internet sans un minimum de formation… Et après on se plaint que leurs devoirs sont des copier/coller de Wikipédia ?! Quand à mon activité, tu as vu juste. Je ne suis pas là pour ré-apprendre aux journalistes à réécrire car je serais vite mal vu 🙂 Le dialogue au quotidien me permet de faire de grandes avancées, je recommande à tous 😉 Et comme tu dis, patience et compréhension sont les maitres mots !

Fred

… et en plus il répond aux fans SEO à 1h du mat…
mais il ne ferme donc jamais ce café-référencement ?!

Bon courage à tous.

Djolhan

« n’est pas du travail de journalistes qualifiés » Houla, j’ai faillit tomber de ma chaise, je dirait même au contraire, c’est tout à fait du travail qualifié car loin d’être évident.

Aurélien

Merci beaucoup pour la citation d’Oseox dans tes lectures 🙂