Voici.fr : « L’impact de l’optimisation SEO a rapidement été visible sur nos audiences »

Interview de Christophe Carron de Voici.fr

Publié le 23/09/2010 à 12:57 par - Mis à jour le 20/09/2016 à 15:23

Pour entamer cette série d’interview de journalistes et de référenceurs des groupes média sur leur collaboration, Christophe Carron, Rédacteur en Chef de Voici.fr et ancien (et apprécié) collègue chez Prisma Presse a accepté de répondre à quelques questions sur la manière dont nous avons travaillé ensemble pendant 3 ans à améliorer le trafic organique du site tout en conservant la qualité de ton qui différencie Voici de ses concurrents en presse people.
Je le remercie pour ses réponses.

 

Mini CV

Nom : Carron
Prénom : Christophe
Titre : Responsable éditorial
Site : voici.fr
Twitter : krstv
Autre : Can I Haz a cheezburgur ?

 

Peux-tu nous présenter brièvement ton cursus, ton parcours et ce que tu fais actuellement ?

Diplômé en science politique, école de journalisme (IPJ Paris), quelques mois au secrétariat de rédaction du Parisien puis entrée à Prisma Presse en 2004, au service infos de Voici. En 2007, je transforme le site compagnon du magazine en site d’actu people en temps réel, aujourd’hui numéro un de son secteur en VU Nielsen

 

Au cours de ton cursus, as-tu été formé(e) au référencement et à l’écriture web ?

Quand j’ai suivi les cours de l’IPJ, en 2002-2004, le journalisme web était encore à l’état embryonnaire. Les cours de web étaient relativement négligés tant par la direction que par les étudiants. On nous apprenait plus à savoir se servir d’internet (Google, newsgroups…) qu’à apprendre à écrire pour le web. La question du référencement n’était même pas abordée. On croyait encore que la puissance éditoriale se suffisait à elle-même pour faire de l’audience… Quelle erreur.

 

Quelle est ta première rencontre professionnelle avec le référencement et/ou un référenceur ?

Quelques semaines après le lancement de Voici.fr, j’ai découvert les subtilités du référencement grâce aux interventions de la cellule SEO du groupe. De mémoire, c’était début 2008.

 

As-tu été formé(e) au référencement par l’entreprise qui t’emploie (ou par ton ancienne entreprise ?)

J’ai été formé, sur le tas. J’ai appris au contact des responsables de la cellule SEO de Prisma, qui nous ont exposé les rudiments de l’optimisation SEO. Mais aucune formation «officielle».

 

Prendre en compte le référencement, quel impact cela a-t-il sur ta manière d’écrire ? Dans l’organisation de la rédaction web ou tu travailles ?

Évidemment. L’impact de l’optimisation SEO a rapidement été visible sur nos audiences. Nous avons donc adaptés notre écritures aux exigences des moteurs. Une chose pas forcément évidente à Voici, où nous multiplions jeux de mots et rédaction à double niveau de lecture, qui ne sont pas compréhensibles par un pauvre robot. Nous avons donc mis au point un habile système d’éditing, qui nous permet d’être raccord avec les exigences Google sans sacrifier notre ton. Mais cela relève du secret de fabrication. ^^

 

As-tu pu mesurer les effets positifs du travail mené en commun avec les référenceurs avec lesquels tu as pu travailler ?

Qui ne les remarquerait pas ? Quand un site vit principalement de son audience, comme un site d’info people, on a les yeux rivés sur les statistiques. Et on écrit pour être lu. Le premier lecteur, celui qui attirera les autres, reste le robot du moteur de recherche, Google, actuellement. Le boulot des référenceurs a permis rendre bien plus visible notre travail.

 

Est-ce facile de travailler avec les référenceurs ?

Au début, le contact n’est pas évident. Par réflexe corporatiste, on a du mal à les voir débouler avec leur volonté de nous expliquer comment il faut écrire et de chambouler nos priorités éditoriales, ce qui est le cœur de notre métier. L’expression « Content is king, SEO is emperor » sonne un peu comme une provocation, une déclaration de guerre. Mais quand on recherche l’efficacité, on se rend bien compte de l’utilité de leur job, et ils deviennent rapidement indispensables.

 

Qu’est ce qui t’énerve le plus chez les référenceurs ?

Parfois, leur méconnaissance des priorités éditoriales et leur recherche absolue d’efficacité, qui tend à uniformiser l’information et son traitement. Si on les écoutait, on fixerait notre ligne éditoriale en fonction de Google Trends. Mais de franches explications permettent de leur passer l’envie de nous considérer comme de simples robots, chair à Google 🙂

 

Une anecdote à raconter ayant trait au référencement ?

On prend plaisir à tromper les robots des moteurs de recherche. Le but : lui donner envie de manger notre papier et de le recracher en page d’accueil des news, tout en restant sexy pour le lecteur. Notre plus beau coup, dans le genre, a été réalisé au lendemain de l’élection de Barack Obama. L’hystérie autour de son accession à la présidence des USA a aussi touché Google. Pour nous positionner sur le sujet tout en restant dans notre ligne édito, nous avons traité une rumeur de divorce Barack-Michelle piochée dans un mauvais tabloïd US, en la démentant, évidemment. Google nous a crawlé, mis en avant, pensant qu’on traitait de l’élection. Les lecteurs, attirés par le fond du sujet, ont tous cliqué, donnant encore plus de crédibilité à notre papier. Un cercle vertueux (ou vicieux pour certain) s’est enclenché, et c’est devenu un des articles les plus lus du site.

 

Un truc à ajouter ?

Content is king, Seo is emperor, reader is God

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7 Commentaire (s)

Nicolas, E-seo

Faire Science Po et une école de journalisme pour atterrir dans un torchon pareil, que c’est-il passé au court de ta carrière…

Sinon pas très étonnant, sur les sites medias et de contenus, l’optimisation est pour 80% de la réussite d’un trafic de quantité et bien ciblé, le maillage interne vaut bien plus que des BL, et surtout prend moins de temps 🙂

Aurélien

Belle remarque de Nicolas.

J’espère que tu travailles dans une entreprise éthique, juste, humanitaire, biologique et écologique pour dire cela, et que tu n’as jamais créé de MFA pilule bleue/charme++. Mais bon, on aurait pu prendre ta remarque au sérieux si elle avait été écrite dans un bon français.

Voici n’a rien du Courrier International, mais travailler dans son secteur est me semble-t-il très intéressant et soulève des problématiques et des challenges au quotidien. Comment se positionner mieux que tes concurrents alors que ton contenu est le même, comment attirer les annonceurs et les lecteurs, être en avance sur tes concurrents au niveau du référencement…

Gwaradenn

Aurélien a raison, nous sommes tous sur Internet, nous avons vendu notre âme au grand capital!
Plus sérieusement, même si je suis loin d’être fan de ce genre de papier, Christophe occupait un joli poste. De plus il a l’air d’être conscient d’où il travaillait (il parle de la ligne édito dans le dernier paragraphe).
Merci pour cette interview très intéressante.

Virginie Clève

Je vais simplement citer Alex Ganz (l’ancien et charismatique patron de Prisma Presse) : « Un journaliste de Voici fait le même métier qu’un journaliste du nouvel Obs ».
C’est toujours facile et réducteur de taper sur la presse people.

le Juge SEO

TRes bon article qui montre bien l’importance du SEO pour le business d’un tel site – n’en déplaise a Stéphane A (encore un gros site qui utilise le SEO! Damned) Cela montre aussi comment on peut bien travailler entre référenceur et rédacteur a partir du moment ou chaque parti fait quelques efforts!

Tres bon article

Mohamed Semeunacte

Tres bon article. En plus sans le faire exprès j’ai d’abord lu une interview de référenceur avant d’en lire une de webjournaliste.
Je ne sais pas comment te remercier pour « content is king, seo is emperor » vraiment excellent, je ne connaissais pas.

Concernant le fond : je ne lis pas Voici, je ne lis pas non plus le NouvelObs. Je ne les lis pas pour des raisons différentes mais selon moi le plus important c’est la question : es-tu content de te lever le matin pour aller bosser ? si oui alors tu es dans le bon business… pour toi et pas besoin d’aller plus loin !

Merci a l’intervieweuse et a l’interviewé.

Mohamed Semeunacte

Christophe

@Aurelien : I Don’t feed the troll

@Mohammed : Oui, très content 🙂

MErci à Virginie pour l’accueil.