Nettoyer ses DNS pour améliorer sa performance SEO

Publié le 01/07/2013 à 10:23 par - Mis à jour le 14/04/2016 à 09:01

Les backlinks et l’anti duplicate content. Voilà un sujet qui occupe beaucoup les référenceurs de tous poils. Pour booster facilement et rapidement les performances, un nettoyage de printemps peut se révéler redoutable d’efficacité…

Lorsque l’on travaille sur un site ancien, complexe, de grande ampleur, et où les interlocuteurs sont nombreux et ont souvent changé, on se retrouve fatalement avec un embrouillamini de domaines et sous domaines indexés. Certains sont périmés et doivent être fermés, d’autres ont été fermés mais leurs backlinks pas redirigés, d’autres sont indexés et ne le devraient pas.
Bref, un joyeux mélange.

Etablir un etat a date des noms de domaine possedes

Une entreprise achète un nom de domaine pour 3 raisons :

– la protection de sa marque

Il n’est pas rare de posséder plusieurs dizaines de déclinaisons d’urls entre les version avec et sans tiret et les diverses extensions. Très souvent, après achat, on oublie de mettre en place un pointage dns vers la véritable url du site. Dommage… car si votre site est en .fr et qu’un blogueur fait un lien vers votre home et se trompe en mettant dans le lien un .com, voilà un backlink de perdu, qui va atterrir sur une 404 ou la page parking du domainer

=> Pensez à vérifier que tous vos noms de domaine pointent bien quelque part et si possible au bon endroit, au moins une fois par an.

– une operation evenementielle ou marketing

Les entreprises achètent très souvent des noms de domaine pour es opérations événementielles : jeux, opérations de recrutement, sites spéciaux pour un produit ou une occasion. Ces sites reçoivent en général beaucoup de backlinks parce qu’ils bénéficient de plans marketing et communications importants , voire de retombées presse.

Dans la grande majorité des cas, ce sont des backlinks de grande qualité, provenant de sites à fort trustrank (sites média par exemple).

Utiliser un nom de domaine acheté pour l’occasion est plutôt une mauvaise pratique, et ce pour plusieurs raisons . En effet, il faut non seulement payer le domaine mais aussi continuer à le payer une fois l’opération terminée pour protéger sa marque. A défaut, le risque de rachat par un expert du domaining pour y déposer une page parking, ou, pire, un MFA sont importantes.

Le risque est évident de voir sa facture de DNS gonfler de plus en plus d’année en année, en pure perte.

=> pensez à créer plutôt une url marketing courte de type www.domain.fr/evenement, renvoyant, si le site est hébergé par un prestataire externe vers un sous domaine crée pour l’occasion du type evenement.domain.fr

– un projet ou une nouvelle marque

C’est le cas type ou l’on se retrouve souvent avec une url en déshérence, parce que le projet a avorté, à été coupé ou est mort dans l’indifférence générale.

=> pensez à faire chaque année le tour de vos DNS pour abandonner ce qui doit l’être et rediriger les cadavres vers un domaine actif, si possible le plus proche thématiquement

Etablir un etat a date des sous domaines existants

La première chose à faire, c’est de demander l’aide de son administrateur système ou de son gestionnaire de DNS, car il vous faut une liste exhaustive de tous les sous-domaines crées sur votre domaine principal.

Vous vous trouverez confrontés à plusieurs cas :

– des environnements de recette indexes

C’est un cas malheureusement très courant que de voir des environnements de dev ou de préprod indexés dans Google. Cela est souvent un simple oubli mais qui peut coûter cher lorsque l’on se retrouve ainsi avec un site en duplicate content intégral…

=> Faites le tour tous les 6 mois de vos sous domaines indexés dans Google. Il existe des syntaxes et des outils en ligne pour cela. Sinon, demande-en la liste à votre admin sys.

– des sites evenementiels à sous domaine delegue à un prestataire externe

Trois cas fréquents : le site abandonné « dans son jus », le site vide (le prestataire a supprimé les contenus) et le site supprimé renvoyant une 404. Dans les 3 cas, c’est pas terrible 🙂

=> Programmez au moment de la création du sous domaine une alerte dans votre agenda pour penser à rediriger le mini site dès que l’opération sera terminée

– des sous-domaines utilises par les services techniques

Exemples de cas d’utilisation : webmail, flux, serveur de fichiers statiques, etc.

=> un contrôle une fois par an de l’utilisation encore effective des sous-domaines est conseillée. Le contrôle de l’indexation éventuelle est également recommandé. Si une url de ce type est indexée, il faut la faire désindexer. La rediriger n’est pour autant pas forcément une necessité car des urls de ce type n’ont a priori jamais reçu de backlinks.

Attention à ne pas rediriger ou fermer de manière abusive cependant, votre DSI pourrait vite vous haïr 🙂

Desindexer un domaine

Pour qu’une demande de désindexation soit prise en compte par Google, il faut procéder en trois temps

– Placer à la racine du site un fichier robots.txt contenant la directive « Disallow: / »

– Valider la propriété de l’url dans le Google Webmaster Tools (via un fichier HTML, une méta ou un record DNS)

– Effectuer la demande de désindexation via le Google Webmaster Tools

Comment et ou rediriger ?

Il y a un seul type de redirection à utiliser, il s’agit de la redirection 301. Ensuite, il faut rediriger au meilleur endroit possible, et ce meilleur endroit n’est pas forcément la homepage. En effet, un afflux massif de redirections 301 vers une homepage pourrait être considéré par les moteurs de recherche comme une technique visant à influencer les classements (bon, en même temps c’est un peu le cas…).

Dans le cas d’un mini site de jeu ou événementiel, on redirigera vers une rubrique jeux ou vers la home si aucun contenu proche n’existe.

Dans le cas de redirections de sites entiers, il faudra prévoir une table de correspondance complète.

Quels benefices ?

Au delà du fait qu’un nettoyage n’est jamais une mauvaise chose, ce travail a deux avantages majeurs :

– Gain de temps en crawl

Google ne perdra plus de temps à crawler des sous domaines inutiles. Il aura donc plus de temps pour ce que vous voulez VRAIMENT le voir crawler

– Concentration des backlinks et du trust

Une fois les redirections en place, votre site va bénéficier d’un afflux de backlinks de bonne qualité, anciens, et souvent d’un excellent trust. D’expérience, un travail de ce genre est souvent bien plus efficace qu’une opération de netlinking, quelque soit la qualité de celle-ci, du moins dans les grosses structures.

Quels risques ?

Il n’y en a qu’un seul mais il est de taille : si le domaine ou sous domaine que vous redirigez a bénéficié d’une grosse campagne de netlinking artificiel et que les backlinks du sous-domaine ou domaine que vous redirigez ne sont pas de bonne qualité, vous risquez de vous tirer une balle dans le pied.

En bref

Bien gérer ses domaines et sous domaines, monitorer et gérer correctement les redirections en plus, c’est vraiment une tâche indispensable à la construction de votre SEO. C’est un projet assez long à mettre en place mais les résultats sont à la hauteur du temps et de l’énergie investis.

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7 Commentaire (s)

Nicolas Le Gall

C’est en effet un facteur à prendre en compte et à surveiller, même lorsqu’on n’a pas un portefeuille de domaines super étendu. On a vite fait de se retrouver invisible à cause d’une version de développement déjà indexée à l’insu de son plein gré, ça se voit finalement assez souvent.

J’ajoute juste un petit + au fait de faire pointer les domaines « additionnels » pour la protection de la marque sur son site : il ne faut évidemment pas oublier là aussi de mettre en place des redirections 301, sinon on fait une belle erreur.

Car au final mieux vaut un domaine additionnel qui ressorte une 404 plutôt qu’un domaine additionnel qui recrache directement une copie du site placé sur le domaine principal.

Donc faire pointer les domaines additionnels sur le même site que le domaine principal Oui, mais pas sans redirection 301.

François-Olivier

Bonjour,

Tu parles de 301 de sous domaines vers domaine et tu indiques que le temps de crawl gagné va se transférer du sous domaine sur le domaine. Ça m’étonne beaucoup. J’ai fait plusieurs tests sur la question et je n’ai pas réussi à « transférer du temps de crawl » ou en tout cas pas à le montrer. Je n’ai fait que de petits tests donc je ne peux pas dire que j’en suis certain.

Est ce que ton affirmation est le résultat d’une analyse et d’une trouvaille ou est ce une supposition de ta part ?

Quel été ton protocole de test ?

Pour moi, une 301 pour un vol c’est bien plus un lien qu’une redirection.

François-Olivier

François-Olivier

Ps : en tout cas si c’est le cas, ce qui me surprendrais pas mal, ça ne pourrais que rarement être le cas. Imagine que ça fonctionne comme ça. Un domaine comme free.fr aurait un potentiel de crawl colossal s’il fermait ses sites perso et faisait des 301…mais ça n’aurait à mon sens aucune pertinence !

    Virginie Clève

    J’ai observé une augmentation de crawl sur le site parent en fermant certains sous domaines, mais pas tout. C’est surtout vrai quand on redirige des contenus de préprod indexés, par exemple.

Karles

<3

En tant qu'adminsys j'appel cela traire le jus DNS et le jus d'URL. C'est long, laborieux, moins prestigieuse qu'un pic d'audience acheté (effet EPO) mais à long terme ça paye toujours.

Perso je préconise l'administration directe des DNS ou un service de gestion intelligent techniquement (Gandi). Chaque domaine et domaines dérivés (pluriel, tiré, accentué etc..) utilise le même fichier de zone. En conséquence un sous domaine créé dans le domaine principal existe automatiquement dans tous les domaines dérivés, même chose à la suppression. Ajouté à cela un wilcard record que fait que tous sous domaine non explicitement déclaré pointe automatique sur l'hébergement principal. Un hébergement principal qui comporte une redirection 301 principale du type "white list" (tous ce qui n'est pas http://www.domaine.tld ou admin.domaine.tld alors 301 vers www). Toute redirection particulière basé sur les domaines ou sous domaine étant placé avant la redirection principale.

Au final du perd jamais rien, tu peux même supprimer un sous domaine d'opération spécial, ça arrive encore chez toi. Au pire tu va servir la HP.

Karles

sebbouyssou

Cette gestion des DNS est essentielle. Il est ici bien montré ses avantages et les risques de son absence, qui au delà de la vision pour les moteurs de recherche, existent aussi du point de vue de l’internaute. Atterrir sur des sites à l’abandon, n’existant plus, cybersquattés, n’est pas sérieux, ne serait-ce qu’au niveau de l’image d’une entreprise. Elle laisserait ses clients, utilisateurs ou prospects dans une impasse ou pire sur des services pouvant l’induire en erreur.
En complément de la gestion de ses DNS, j’élargirais à celle de ses adresses de comptes sur les réseaux sociaux alors qu’ils prennent toujours plus de place.

IDE Conseil

Merci Virginie pour ce sujet extrêmement vrai, de plus en plus fréquent avec les mises à jour et regroupements d’anciens sites de 1e, 2e , Xe générations ! si fréquemment ignorés (voire carrément tu par les webmasters) que j’ai été très surprise que ce sujet soit enfin abordé !
Je confirme : la nécessité de gérer ces problématiques d’anciennes URL et le réel succès auprès de Google quand toutes les URLs et redirections sont enfin bien restructurés (vérifié via GWT !) .
Je transmets donc à tous les webmasters et développeurs de mon entourage !